Connaissance de soi

                               "Le XXe siècle a accumulé tant de connaissances sur l'univers intérieur, qu'on ne peut que s'étonner                                      et déplorer que cela serve si peu."  André Bourguignon

Pourquoi la connaissance de soi à Hélios ?

Parce que, comme le mentionne Yann-Arthus Bertrand, « cette 6e extinction de masse est essentiellement provoquée par nous-mêmes ». De ce fait, cette situation est le témoignage que notre culture, nos habitudes, nos valeurs, nos priorités, etc., sont pour le moins inadaptés à notre environnement.   

Il apparait par conséquent au modèle d'écoles Hélios qu'il est inconcevable d'opérer une réflexion sur le monde sans effectuer également et en priorité une réflexion profonde sur nous-mêmes. Nous sommes entrés dans la 4e révolution industrielle et comme le mentionne Roland Gori, « nous avons fait comme si la sagesse suivrait ». Les conséquences de ce manque de sagesse ne sont plus à démontrer. Si nous ne savions pas ce que nous faisions, ce n'est clairement plus le cas actuellement. Dans ce sens et en fonction des enjeux majeurs de notre époque Étienne Klein pose la question suivante : « C'est comme si l'humanité passait un test d'intelligence collective. Il y a des choses qu'on sait, est-ce qu'on va tenir compte de ce qu'on sait, ou non ? ». Au même titre que nous enchainons les révolutions industrielles, ne serait-il pas temps d'amorcer un nouveau type « d'évolution », à savoir une révolution Humaine ? 

Éduquer est plus facile que rééduquer,.. L'école est donc le lieux privilégié pour transformer le cercle vicieux que nous connaissons en cercle vertueux, en permettant au enfants, citoyens de demain, de développer des habitudes, valeurs, désirs, appropriés à notre environnement, aussi naturellement que d'apprendre à lire et à compter.  


État des lieux, À venir…

Étymologie et définitions de "connaissance de soi". 

La connaissance de soi est le savoir qu'une personne acquiert sur elle-même, en termes psychologiques ou spirituels, au cours de sa vie à l'occasion de ses expériences.

La connaissance de soi-même est un ordre particulier de connaissance dans la mesure où, à son foyer même, le sujet connaissant et l'objet à connaître sont confondus, il est « juge et partie ». Cette difficulté centrale rend impérative une recherche exigeante de l'objectivité si cette connaissance doit être de quelque conséquence.

La connaissance de soi sollicite la rectitude de la pensée, l'esprit critique et une certaine considération pour le « regard » extérieur des autres. Par sa nature subjective, elle sollicite pour se consolider les exigences métacognitives et en retour, le gain de lucidité sur les caractéristiques personnelles rend possible un savoir plus consistant.

Étymologie et définitions d' "habitude". (Dictionnaire de l'académie française)

HABITUDE nom féminin

Étymologie : XIVe siècle. Emprunté du bas latin habitudo, « manière d'être, aspect physique ».

1. Vieilli. Conformation, disposition générale du corps ; air qui résulte du maintien, de la démarche et des attitudes ordinaires d'une personne. La maladie a changé toute l'habitude de son corps.

2. Disposition acquise par la répétition des mêmes actes. Prendre, acquérir, contracter une habitude. Perdre une habitude. L'empire, la force de l'habitude. Une habitude enracinée, invétérée. L'habitude de la boisson, du tabac. Cela tourne à l'habitude, en habitude. C'est devenu chez lui une habitude. Avoir l'habitude de veiller. Avoir pour habitude de se lever tôt. Être dans l'habitude de se faire servir. L'habitude où il est d'être craint. Je m'en suis fait une douce habitude. Il a la mauvaise habitude de parler haut.

▪ Spécialement. Marque de domaine : théologie. Péché d'habitude, dans lequel on retombe fréquemment. – Marque de domaine : droit. Délit d'habitude, infraction constituée par une série d'actes similaires qui ne tombent sous le coup de la loi pénale que par leur répétition. L'exercice illégal de la médecine est un délit d'habitude. – Marque de domaine : philosophie. Manière d'être générale et permanente. – Marque de domaine : grammaire. Présent d'habitude, employé pour marquer qu'un fait dure ou se répète, qu'une action se reproduit régulièrement.

▪ Expr. proverbiale. L'habitude est une seconde nature, l'habitude crée en nous des dispositions qui paraissent aussi spontanées que si elles étaient innées.

▪ Loc. adv. D'habitude, d'ordinaire, généralement. D'habitude, il est ponctuel. Il nous rejoindra là-bas comme d'habitude. À son habitude, selon ou suivant son habitude, comme il y est accoutumé. Il s'est montré très généreux, comme à son habitude. Par habitude, de manière non réfléchie, comme on y est accoutumé.

3. Au pluriel. Manières usuelles d'être ou d'agir. Ce sont les habitudes du pays, ses usages. Conformément aux habitudes de la maison. Ceci est contraire à ses habitudes, n'est pas dans ses habitudes. Avoir ses habitudes, être attaché à ses habitudes. Donner, faire prendre de bonnes habitudes à un enfant. Mauvaises habitudes, contraires aux règles de la morale, de l'éducation.

▪ Loc. et expr. Des habitudes de vieux garçon, des manies. Un être, un homme d'habitudes ou d'habitude, dont la vie est bien réglée, qui n'aime pas le changement.

4. Accoutumance acquise par une expérience répétée. L'habitude du froid. L'habitude de la souffrance ou, vieilli, à souffrir. L'habitude diminue l'effet des médicaments. Ce n'est qu'une question, qu'une affaire d'habitude.

5. Aptitude, savoir-faire acquis par la pratique. Manquer d'habitude. Avoir l'habitude du commandement, de commander. Il avait quelque habitude des affaires. Une longue, une grande habitude du monde.

6. Vieilli. Accès qu'on a auprès de quelqu'un ; fréquentation ordinaire. Avoir l'habitude auprès de quelqu'un, en quelque lieu. Avoir une longue habitude avec quelqu'un. Des années d'habitude. Par métonymie. Il avait à la Cour des habitudes. Avoir une habitude, un commerce de galanterie qui se prolonge.

▪ Subsiste dans l'expression Avoir ses habitudes quelque part, chez quelqu'un, y venir fréquemment, y être bien connu et s'y sentir à l'aise. Il a ses habitudes dans cette maison, dans ce restaurant.

Ce sont nos habitudes qui construisent les crises…

« Ce sont nos habitudes qui construisent les crises. On fait beaucoup de choses de façon réflexe sans réfléchir. On confond réflexe et réflexion. On peut changer mais ça demande un peu de temps et un peu d'effort. » Olivier Hamant

À venir...

L'habitus… (Roland Gori) 

Source : La fabrique de nos servitudes. (vidéo 1h19)

« Quand nous agissons sur nos scènes professionnelles aujourd'hui, nous acquérons ces « habitus ». C'est un point extrêmement important puisque l'habitus n'est pas seulement en quelque sorte une structure sociale, l'habitus c'est aussi une structure mentale. C'est-à-dire que la manière dont nous travaillons, nous l'incorporons, nous l'intériorisons, et ça devient des structures cognitives, des structures symboliques, pour pouvoir penser le monde, penser l'autre, et nous penser nous-mêmes. »

L'empathie n'est pas nécessairement bienveillante. L'empathie du prédateur. (Serge Tisseron)

Source : "L'empathie au cœur du jeu social". Éditions Albin Michel (p 17)

L'empathie du prédateur

Dans le film inglourious Basterds, un officier nazi superbement joué par Christoph Waltz rend visite à un paysan suspecté de cacher une famille juive. Comme Giacomo Rizzlatti, cet officier a fait une découverte extraordinaire qui explique pourquoi il a été surnommé le « chasseur de Juifs ». Le qualificatif lui va très bien, précise-t-il, et il ne songerait pas une seule seconde à le remettre en cause. Car, pour lui, « chasseur » veut dire d'abord détective. Un détective qui, pour trouver ses victimes, doit être capable de penser comme elles, un peu comme un chat s'identifie de temps à autre à la souris qu'il chasse pour anticiper ses réactions. Ce nazi sait donc se mettre à la place des Juifs… tout au moins jusqu'à ce qu'il décide de les tuer. Voilà pourquoi, dit-il, il réussit là où la plupart de ses collègues nazis échouent. Ils sont à son avis trop prisonniers de l'idéologie qui voit dans l'homme allemand un « aigle ». En effet, comment comprendre de quelle façon raisonne un « rat » quand on s'imagine être un aigle ? Car, bien sûr, les juifs sont des rats. Mais ce qualificatif n'a pour lui rien de dévalorisant. Il s'agit seulement de comprendre que les juifs pourchassés sont dans la situation de ces animaux innocents qui doivent apprendre à ruser pour survivre. Pour cet officier, sa capacité à pouvoir s'identifier à une bête mal aimée est la clé des succès qu'il remporte dans sa traque des juifs. Sa longue explication est d'ailleurs aussitôt suivie d'une démonstration. Alors que la maison du paysan auquel il rend visite a été fouillée plusieurs fois sans succès, lui découvre immédiatement l'endroit où la famille juive recherchée s'est cachée. Sans mot dire, il fait mitrailler la cachette. Les malheureux Juifs assassinés seront morts sans avoir eu le temps de comprendre ce qu'il leur arrivait…

Où se situe l'empathie dans cette séquence ? L'officier en fait-il preuve dans la capacité qu'il a de se mettre à la place des Juifs pour anticiper leurs comportements ? Ou bien au contraire n'en a-t-il pas du tout puisqu'il est capable de les faire assassiner sans état d'âme ? Voilà bien le paradoxe de l'empathie : d'un côté, elle permet de comprendre son prochain, mais de l'autre, elle n'empêche pas de nier son humanité. En fait, l'empathie a deux visages, comme le dieu Janus dans l'Antiquité : d'une part elle nous permet d'avoir une représentation du fonctionnement mental et affectif de nos interlocuteurs ; d'autre part, elle nous fait entrer en résonnance avec les deux états sensoriels et émotionnels. Ces deux aspects ne sont pas forcément liés. La preuve : un exemple d'empathie du premier genre a récemment été donné par des fonctionnaires des services de renseignements nord-américains chargés d'imaginer des tortures adaptées à chaque détenu de la prison d'Abou Ghraïb ; un condamné qui avait peur des insectes fut menacé d'en avoir un dans sa cellule, évidemment plongée dans la plus complète obscurité… Si l'empathie eut la capacité de comprendre autrui, le bourreau professionnel doit décidément en être bien pourvu. Cela le rend plus efficace !

Mais si nous pensons que l'empathie comporte une forme de résonnance émotionnelle avec ce qu'éprouve autrui, il est préférable que le bourreau n'en ait aucune, sans quoi il ne pourrait plus faire son travail. C'est à ce second usage du mot que fait référence Nicole Catheline lorsqu'elle évoque les adolescents capables de prendre la défense des enfants désignés comme boucs émissaires par leurs camarades. Ces adolescents, nous dit-elle, demandent aux agresseurs d'arrêter sous l'effet de « l'empathie éprouvée pour la victime ». Le mot est utilisé ici dans le sens de la capacité non seulement d'identifier la souffrance éprouvée par l'autre, mais aussi d'en être affecté.

En pratique, ces deux formes d'empathie se répartissent différemment chez chaque être humain. L'un éprouve de l'empathie pour la souffrance de sa femme et pas pour celle de son voisin, tandis qu'un autre ressent tout le contraire. Il y a aussi ceux qui se disent attendris par les mimiques de leur animal domestique alors qu'ils parlent de « grimaces de singe » pour évoquer les manifestations émotionnelles d'un homme d'une autre couleur de peau que la leur. Sans oublier ceux qui ont de l'empathie pour un de leurs deux enfants, qu'ils choient et comblent de cadeaux, tandis qu'ils traitent l'autre comme un chien. Et il y en a même qui sont bouleversés par les émotions feintes d'un acteur - voire par celles d'un personnage de dessin animé -, alors qu'ils restent de marbre face à celle d'autres êtres humains, comme ces soldats américains en Irak capables de vibrer d'empathie pour les victimes virtuelles d'un film d'horreur comme Saw, et qui ne semblent rien ressentir pour les victimes bien réelles qu'ils côtoient chaque jour.

Alors face à un tel éventail de possibilités, où situer l'empathie ? »

Tant qu'il y aura des gens de bonne volonté…   

HÉLIOS